Lettre des objecteurs
de croissance de Liège

         Le 6 novembre 2019

mpOC-Liège
Mouvement politique des objecteurs de croissance
Groupe de Liège

Si le contenu de la lettre ci-dessous ne s'affiche pas correctement,
vous pouvez la consulter, de même que les lettres précédentes,
à l'adresse liege.decroissance.be/lettre/.

 

Bonjour,

Ce vendredi soir, le mpOC-Liège vous invite cordialement à assister à la conférence d'Olivier Rouzet, « Le progrès contre les citoyens ». Olivier Rouzet est thérapeute et essayiste, il vient de publier « Panne d’ascenseur dans le social – Le progrès contre les citoyens » aux Éditions Libre & Solidaire. L'année prochaine, nos invités suivants seront, en janvier, Vincent Mignerot, essayiste et chercheur indépendant, qui nous parlera de « La décroissance comme projet politique » ; en avril ce sera au tour de Renaud Duterme qui défendra l'idée de « Sortir des impasses du capitalisme avec la décroissance ». Information complète à l'agenda du mpOC-Liège, ci-dessous et sur son site web.

 

  Sommaire

Notre prochain dimanche convivial

Les dimanches conviviaux sont des balades pédestres en nature organisées une fois tous les deux mois depuis la création du groupe de Liège du mpOC en 2009. Le point de départ de la balade est accédé par les transports en commun, sauf très rare exception, et en train presque toujours. Parmi nos destinations favorites : les vallées de l’Ourthe, de la Vesdre et de l’Amblève ainsi que les Fagnes (via Eupen ou Verviers).

Pour être tenu au courant des informations à propos des balades ou d'annulation en dernière minute pour cause de très mauvais temps (nous n'avons annulé qu'une seule fois en 10 ans), abonnez-vous à la lettre Marcher avec le mpOC-Liège (fréquence : quelques messages par an).

Dimanche 1er décembre 2019

Balade pédestre de la maison forestière de Ternell au Signal de Botrange par la vallée de la Helle et la Fagne wallonne (14 km).
Les balades sur le plateau des Hautes Fagnes sont toujours très appréciées, et pour cause, voir ces quelques photos prises lors d'une balade antérieure.

Points de rendez-vous pour le départ :

Retour par le bus 390 du Signal de Botrange à Verviers de 16 h 52. Arrivée à la gare de Verviers Central à 17 h 20.

 

L'agenda du mpOC-Liège

5G : une révolution ?

Selon Agoria, le lobby belge de l'industrie et des services liés aux nouvelles technologies, la 5G (5e génération des normes de la téléphonie mobile) et l’IoD (internet des objets) seraient une révolution technique qui serait de plus bénéfique pour le climat, l’environnement, la santé, l’éducation, l’agriculture, etc. Ce n’est pas l’avis des associations qui sont en train de mettre en place le « collectif stop5G.be » et qui lancent cet appel :

À ce jour, le collectif stop5G.be rassemble déjà une dizaine d’ASBL et d’associations de fait dont vous pouvez consulter la liste sur le site web du collectif.

Le collectif ne pourra réaliser son objectif sans le soutien du plus grand nombre. C’est pourquoi nous sollicitons le soutien de votre association et des autres qui vous sont proches. Pourrons-nous compter sur votre aide pour relayer l’existence du collectif, ses informations et ses actions à venir auprès de vos membres et dans vos réseaux ?

Pour faire face aux dépenses déjà faites (logo et hébergement du site web) et celles qu’entraîneront ses activités, comme la location de salle de réunion et la diffusion d’informations, le collectif lance dès à présent un appel aux dons. Toute contribution, même symbolique, sera la bienvenue (adresse bancaire : stop5G.be, BE06 0689 3580 7022). Bien entendu, les activités du collectif sont le fait de bénévoles et le collectif est ouvert à toute nouvelle participation à sa mise en place.

Merci de nous faire part de vos intentions en nous répondant à l’adresse soutien@stop5G.be afin de, le cas échéant, vous recontacter et ajouter votre association à la liste précitée.

Le collectif stop5G.be entreprendra sa première action vers le 14 novembre avec un communiqué qui sera envoyé aux représentants politiques et à la presse. Comme vous le lirez dans l’extrait du projet de communiqué ci-dessous, il sera accompagné de la remise d’une pétition internationale aux ministres concernés.

Début du projet de communiqué qui sera diffusé le 14 novembre 2019

L’appel international www.5gspaceappeal.org signé par 172 411 personnes et organisations de 204 nations et territoires, en date du 5 novembre 2019, est adressé aujourd’hui aux gouvernements fédéral et régionaux de Belgique. Partout dans le monde, cette semaine, les 204 nations et territoires
adresseront l’appel à leurs gouvernements respectifs.

Le déploiement sur terre et dans l’espace de la 5G, 5e génération des normes de la téléphonie mobile, est en cours ou se prépare dans de nombreux pays. Des dizaines de satellites de télécommunication 5G ont déjà été lancés par des sociétés étasuniennes.

Cette nouvelle réalité entraînera un changement environnemental sans précédent à l’échelle planétaire. Pour la mise en œuvre de l’internet des objets (IdO), l’industrie prévoit l’instal­lation de millions d’antennes 5G, une tous les 50 à 150 mètres en milieu urbain(1), et la mise en orbite d’au moins 20 000 satellites. Les prévisions font état de 20 milliards d’objets connectés (émetteurs) en 2020, 30 milliards en 2022 et bien plus par la suite(2)  : jusqu’à un million d’objets au kilomètre carré pourraient communiquer.

Malgré un déni généralisé, nous disposons de preuves scientifiques suffisantes indiquant que les champs électromagnétiques (CEM) de radiofréquences(3) utilisées par les techniques de communication sans fil déjà déployées, sont nuisibles aux êtres vivants. Plus de 1 500 études scientifiques évaluées par des pairs(4) rassemblent des données cliniques probantes tout comme des preuves expérimentales de dommages à l’ADN, aux cellules et aux organes d’une grande variété de végétaux et d’animaux. Des données épidémiologiques viennent étayer la thèse selon laquelle l’origine de beaucoup de maladies de la civilisation moderne, comme le cancer et la maladie d’Alzheimer, peut être expliquée, au moins en partie, par la pollution électromagnétique[…]

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Autres informations sur la 5G et la pollution électromagnétique

Prolongation de 3 réacteurs en 2025 ?

Un extrait de la page L'Écho des atomes de l'asbl Fin du nucléaire :

Les déclarations tonitruantes du nouveau président du CA d’Electrabel à propos de son souhait de prolonger 2 ou 3 réacteurs nucléaires de 10 à 20 ans ont suscité un certain nombre de réactions dans les médias, le monde politique et bien sûr de la part du très médiatique et inévitable « expert » en énergie, ingénieur et professeur à l’université de Liège, Damien Ernst. Rappel de quelques-uns des bons mots de Johnny Thijs, livrés au journal Le Soir du 5 octobre 2019, qui précise toutefois que « c’est aux responsables politiques de décider » :

Bien entendu, il ne faut pas s’attendre à ce que la vérité sorte de la bouche de ce nucléocrate nouvellement promu, pas plus que de celle de l’ingénieur précité, nucléocrate confirmé. En effet, comment imaginer assurer la sécurité de l’approvisionnement en électricité d’un pays avec des réacteurs qui, en toute logique, montrent des faiblesses grandissantes, car tout simplement liées à leur obsolescence, avec pour conséquence, ces dernières années, un taux d’utilisation moyen de 70 % au lieu des 90-95 % considérés comme normaux pour ce type de réacteur. De plus, il faut tout de même avoir la mémoire courte pour ne pas se souvenir des 10 mois d’arrêt de deux des 3 plus vieux réacteurs, D1 et D2, pour cause de fuite dans le circuit primaire, pas plus tard que l’année passée.

Et que dire de cette absurdité du nucléaire qui serait bon pour la réduction des émissions de CO2 ? Un seul réacteur de 1 GW nécessite annuellement l’extraction d’environ 200 000 tonnes de minerai d’uranium. Après l’extraction du minerai, les processus de broyage, de raffinage, d’enrichissement et de fabrication des barres de combustible nécessitent aussi énormément d’énergie et sont donc aussi source d’émission de gaz à effet de serre. En comparaison, un parc d’éoliennes ne nécessite que du vent comme « combustible ».

Quant à la question du « prix », le nucléaire a toujours été et sera toujours plus cher que les autres filières de production d’électricité comme encore démontré récemment par cette étude d’un institut de recherche économique allemand, bien évidemment aux dépens du cochon payeur de citoyen.

Plus inquiétant, il semble aussi que la vérité ne viendra pas non plus des médias mainstream. Par exemple, voici ce que nous dit la RTBF dans son journal télévisé du jour : « Aujourd’hui, le nucléaire est indispensable à la production d’électricité » et de justifier cette déclaration en montrant le flamboyant diagramme du « mix énergétique » de septembre, implacable : « 60,5 % pour l’électricité nucléaire en septembre ». C’est oublié que le nucléaire fournit la « base » de l’approvisionnement : il est prioritaire sur les autres filières, les centrales nucléaires produisent toujours au maximum de leur capacité du moment, car il n’est pas possible de moduler leur puissance. À un point tel qu’il arrive parfois à Electrabel de payer nos voisins pour qu’ils absorbent notre excès de production électrique ou d’éclairer nos autoroutes en plein jour. Ce fameux mix de plus ne montre que la production, pas la consommation… Malgré cet avantage substantiel accordé à la filière nucléaire, la réalité est que sur les 7 dernières années, le nucléaire belge n’a fourni 37-38 % de la consommation, très loin des 60,5 % mentionnés par le journaliste de la RTBF. On ne sera pas étonné de ce dérapage si on vérifie la source des données invoquées, rien d’autre que le « Forum nucléaire belge », l’organe de communication du lobby nucléaire connu pour les millions d’euros dont il dispose annuellement pour ces campagnes de propagande (voir l’image extraite du JT ci-contre où la mention « Forum nucléaire » apparaît très discrètement).
 

Les 3e Rencontres internationales de l'écologie sociale à Liège

Les 3e Rencontres internationales de l'écologie sociale (RIES) se sont déroulées à Liège en septembre : lire ce communiqué émis à la suite des rencontres.

L'écologie sociale en quelques mots

À travers une analyse des mouvements révolutionnaires et de l’histoire, l’écologie sociale articulée par Murray Bookchin offre des perspectives et des outils pour une société libre : l’autogestion politique et économique, la démocratie directe avec des communes qui travaillent ensemble dans une confédération. Aujourd’hui, plusieurs expériences réelles montrent qu’une organisation selon les principes politiques de l’écologie sociale est possible, tels le confédéralisme démocratique au Rojava (Kurdistan) ou les communautés zapatistes au Chiapas (Mexique).

En Europe, des luttes exemplaires marquent une volonté de tendre vers ce type d’organisation comme les Gilets Jaunes de Commercy qui ont mis en place une assemblée populaire, revendiquée comme base au municipalisme libertaire ou la ZAD à Notre-Dame-des-Landes.

Pour aller plus loin

 
Lectures

Livres

Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce. Réflexions sur l’effondrement. Corinne Morel Darleux. Les éditions Libertalia, 2019.

Présentation de l’éditeur :

« Notre société déborde de trop-plein, obscène et obèse, sous le regard de ceux qui crèvent de faim. Elle est en train de s’effondrer sous son propre poids. Elle croule sous les tonnes de plaisirs manufacturés, les conteneurs chargés à ras bord, la lourde indifférence de foules télévisées et le béton des monuments aux morts. Et les derricks continuent à pomper, les banques à investir dans le pétrole, le gaz, le charbon. Le capital continue à chercher davantage de rentabilité. Le système productiviste à exploiter main-d’œuvre humaine et écosystèmes dans le même mouvement ravageur. Comment diable nous est venue l’idée d’aller puiser du pétrole sous terre pour le rejeter sous forme de plastique dans des océans qui en sont désormais confits ? D’assécher les sols qui pouvaient nous nourrir, pour alimenter nos voitures en carburant ? De couper les forêts qui nous faisaient respirer pour y planter de quoi remplir des pots de pâte à tartiner ? »

Dans cet essai philosophique et littéraire rédigé à la première personne, la militante écosocialiste Corinne Morel Darleux questionne notre quotidien en convoquant le navigateur Bernard Moitessier, les lucioles de Pasolini ou Les Racines du ciel de Romain Gary. Elle propose un choix radical : refuser de parvenir et instaurer la dignité du présent pour endiguer le naufrage généralisé.

Certains d’entre nous ont eu la chance de l’écouter à Namur ou à Liège récemment. Rien n’est perdu pour les autres, elle devrait nous revenir à Liège au mois de mai 2020. En attendant, vous pouvez lire son livre ou la réponse qu’elle a faite à la question « Y a-t-il un sens à prédire la fin du monde ? » dans le mensuel La Décroissance du mois d’octobre que vous pouvez encore trouver en kiosque. À noter que parmi les 2 autres réponses à cette question, il y a celle de Renaud Duterme qui sera le conférencier invité par le mpOC-Liège le 4 mars 2020.

Le nucléaire, c'est fini. La Parisienne Libérée. La fabrique éditions, 2019.

Présentation de l’éditeur :

Alors que les géants du secteur font faillite les uns après les autres, l’industrie nucléaire est désormais directement menacée par d’innombrables tempêtes, inondations, sécheresses et canicules, toujours plus brutales. Manifestement, le climat a choisi son camp : il est antinucléaire. Mais pouvons-nous compter sur la dégradation des conditions financières et climatiques pour mettre fin à une production qui reste étroitement liée à des enjeux politiques et militaires ? Toute l’industrie atomique s’est édifiée sur les solides fondations d’un silence nucléaire qui a recouvert jusqu’à la mémoire des oppositions – comme en témoigne l’histoire, largement méconnue en France, de la lutte basque contre la centrale de Lemoiz.

Mêlant enquête et récits, ce livre déroule le fil de notre condition nucléaire et plaide pour un déconfinement radical. Plus qu’un diagnostic, c’est le signal d’une rupture : le nucléaire, c’est fini !

Habiter en oiseau. Vinciane Despret. Éditions Actes Sud, 2019.

Présentation de l’éditeur :

Qu’est-ce que serait un territoire du point de vue des animaux ? Vinciane Despret mène l’enquête auprès des ornithologues. Car ce qui l’intéresse surtout, c’est d’observer la naissance et le développement de l’intérêt que les scientifiques portent aux oiseaux. Où l’on voit alors que, plus on étudie les oiseaux, plus les choses se compliquent. De nouvelles manières de faire territoire apparaissent, bien plus complexes que les ornithologues ne pouvaient l’imaginer. Et si ces manières n’étaient que du spectacle, des parades dont personne n’est vraiment dupe ? Et si ce n’était qu’un jeu, pour « faire semblant » ? Et si l’on prêtait attention au fait que les territoires sont toujours collés les uns aux autres ? Ne seraient-ils pas, alors, une façon pour les oiseaux de continuer à vivre ensemble en étant autrement organisés ?

Sous la plume de Vinciane Despret, oiseaux et ornithologues deviennent intensément vivants et extrêmement attachants. À l’issue de ce livre, on ne devrait plus considérer la notion de territoire comme allant de soi. Et l’on n’entendra peut-être plus de la même façon les oiseaux chanter.

Enquêtant sur la manière de faire territoire des oiseaux, Vinciane Despret ne pouvait pas ne pas glisser une réflexion sur la propriété privée, les enclosures et la destruction des communs :

« On pourrait bien sûr s’interroger sur une coïncidence : le terme « territoire » avec une connotation très marquée de « propriété exclusive dont on s’empare » apparaît dans la littérature ornithologique au XVIIe siècle, c’est-à-dire au moment même où, selon Philippe Descola et de nombreux historiens du droit, les Modernes résument l’usage de la terre par un seul concept, celui de l’appropriation. Descola souligne que cette conception a acquis une telle force d’évidence qu’il est aujourd’hui difficile de s’en déprendre. En deux mots, cette notion se développe à partir de Grotius et du droit naturel, quoiqu’elle plonge ses racines dans la théologie du XVIe. Elle redéfinit le droit de propriété comme un droit individuel et repose à la fois sur l’idée d’un contrat qui redéfinit les humains comme des individus et non des êtres sociaux (la « propriété » du droit romain résultait d’un partage et non de l’acte individuel, un partage sanctionné par la loi, les coutumes et les tribunaux), sur de nouvelles techniques de mise en valeur de la terre qui exigent que cette terre soit délimitée et que sa possession soit garantie, et sur une théorie philo­sophique du sujet, celle de l’individualisme possessif qui reconfigure la société politique comme un dispo­sitif de protection de la propriété des individus. On connaît les conséquences dramatiques de cette nouvelle conception de la propriété, ce qu’elle a favorisé et ce qu’elle a détruit. On connaît l’histoire des enclosures, l’expulsion des communautés paysannes des terres dont elles avaient jouissance coutumière et l’interdit qui les a frappées de prélever dans les forêts les ressources essentielles à leur vie. Avec cette nouvelle conception de la propriété, on assiste à l’éradication de ce qu’on appelle aujourd’hui les « commons », qui faisaient l’objet d’usages collectifs, coordonnés et auto-organisés de ressources communes, comme des canaux d’irrigation, des pâtures communes, des forêts... En Angleterre, écrit Karl Polanyi, « en 1600, la moitié des terres arables du Royaume étaient encore en jouissance collective, il n’en restait plus qu’un quart en 1750 et presque plus aucune en 1840 ». Des multiples façons d’habiter et de partager les usages de la terre qui s’étaient au cours des siècles inventées et cultivées ne resteront que des droits de propriété, certes quelquefois limités, mais toujours définis comme, droits exclusifs d’user, voire d’abuser. »

Articles

 

Pour le mpOC-Liège,
Francis Leboutte

Mouvement politique des objecteurs de croissance, groupe de Liège
Tél : 04 277 91 42
Courriel : info @ liege.mpOC.be
Site : liege.decroissance.be

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