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Bonjour,
Le jeudi 20 mars, Liège-Décroissance vous invite cordialement à assister à la conférence de Didier Harpagès « Pour une société de décroissance », en collaboration avec le Centre Culturel Arabe en Pays de Liège. Didier Harpagès est professeur retraité de sciences économiques et sociales. Il a coécrit avec Serge Latouche Le temps de la décroissance (Le Bord de l’eau, 2012).
Information complète ci-dessous ou à l’agenda de notre site web.
Sommaire
Jeudi 20 mars 2025, 19 h, Liège (Grivegnée)
Pour une société de décroissanceretour au sommaire
Conférence-débat avec Didier Harpagès
Didier Harpagès est professeur retraité de sciences économiques et sociales. Il a coécrit avec Serge Latouche Le temps de la décroissance (Le Bord de l’eau, 2012). On lui doit aussi Mourir au travail ? Plutôt crever ! (le passager clandestin, 2017).
Une société de décroissance. Pourquoi est-ce une nécessité ? Comment y parvenir ? Le conférencier expliquera en quoi la philosophie et la politique de la décroissance sont à plus forte raison des options souhaitables à l’heure des crises multiples : états d’urgence sanitaire, guerres, arrivée de gouvernements de droite un peu partout en Europe, un continent qui connaît par ailleurs quelques difficultés à trouver sa place dans un monde multipolaire.
Organisé par Liège-Décroissance (www.liege.decroissance.be) et le Centre Culturel Arabe en Pays de Liège (CCAPL, www.ccapl.be)
- Au CCAPL, Rue Henri Orban 1, 4030 Grivegnée (Liège)
- Début de la conférence à 19 h, accueil dès 18 h 30. Entrée à prix libre.
- Dès avant l’entrée dans la salle, merci d’éteindre votre téléphone mobile pour prendre soin des personnes électrohypersensibles.
Malaise dans la start-up nationretour au sommaire
L’éditorial du journal bimestriel La Décroissance de janvier-février 2025, par Pierre Thiesset
Mars 2020. Le gouvernement, derrière son « chef de guerre » Olivier Veran, se donne pour « mission » d’isoler « tout le monde ». De « fermer tout ce qui peut l’être », « tout un pays ». La population est condamnée à la réclusion, privée de contacts, d’activités, de travail, d’école, rivée aux écrans, maintenus dans la paranoïa par les chaines d’information. En agissant ainsi, le ministre de la Santé savait pertinemment qu’il déclencherait « une vague de dépressions à venir[1] ». Le résultat ne s’est pas fait attendre.
Et voilà que la même Big Mother maltraitante se met désormais à notre chevet pour faire de la santé mentale la « grande cause nationale » de l’année. Il est vrai que la situation est grave. Les experts de notre société technicienne l’ont chiffrée : la tyrannie covidiste a engendré un doublement des états anxieux et dépressifs. La jeunesse est particulièrement touchée. À cette détresse collective, des médecins répondent par la chimie : un quart de la population ingurgite des neuroleptiques, antidépresseurs, tranquillisants et autres régulateurs de l’humeur. Record du monde. Chez les mineurs, la consommation de psychotropes a « doublé entre 2010 et 2021[2] ».
Bref, ça craque. Et ça coûte, se plaignent les bureaucrates : le traitement des « troubles » psychiques « représente le premier poste de dépenses de l’assurance maladie, plus de 25 milliards d’euros, devant les cancers, devant les maladies cardiovasculaires », énumère Francois Bayrou. Sans parler de la perte de productivité, des arrêts maladie d’une main-d’œuvre en état d’épuisement avancent.
Aussi, désireuse de contribuer au redressement de la nation, La Décroissance a concocté un dossier spécial sur cette « grande cause ». Non pas pour suggérer des remèdes miracles afin que les individus fonctionnent efficacement. Mais pour poser des questions. Car quand la souffrance psychique est si massive qu’elle touche « chaque année un Français sur cinq », il est temps d’appliquer le fameux programme de Gébé : on arrête tout, on réfléchit.
La « dégradation généralisée[3] de la santé mentale met en cause notre civilisation de croissance. Si le négatif surgit partout, c’est bien que les sujets ne s’adaptent pas si facilement aux conditions de vie qui leur sont faites. Qu’un malaise existentiel s’exprime. Visiblement, des humains, trop humains, ne parviennent plus à soutenir la course à la performance, souffrent de la désagrégation des liens, du manque de sens et de perspectives, de l’emprise technologique et marchande, de l’enfermement croissant dans un milieu artificiel. « Dès qu’il s’agit de l’existence, au lieu de médicaliser, on devrait s’interroger sur les raisons de ces difficultés à vivre dans une société souvent invivable et poser les vraies questions concernant un monde décadent qui pousse la logique de son système économique jusqu’à l’absurde et au suicide », écrivait le psychiatre Edouard Zarifian[4]. C’est ce que nous essayons de faire dans ce numéro : nous interroger sur le type humain que produit notre société et la crise spirituelle béante qu’elle ouvre.
La Décroissance est sous-titrée le « journal de la joie de vivre ». Non pas pour faire croire qu’en le lisant, vous allez positiver niaisement, ou que notre mouvement d’idées a pour horizon un bien-être sirupeux, sans conflit, sans douleur morale, sans tragique, sans contestation. Mais en référence à un précurseur de la décroissance, Nicholas Georgescu-Roegen, pour qui le véritable but de l’économie devait être « un flux immatériel : la joie de vivre ». La décroissance consiste avant tout à remettre les fins et les moyens à leur place. L’être humain n’est pas un moyen, un instrument, une ressource, un producteur-consommateur au service du développement illimité – « La science découvre, l’industrie applique, l’Homme se conforme », comme le disait la devise de l’Exposition universelle de Chicago de 1933. Mais il est une finalité, un sujet. Sa souffrance psychique actuelle peut être entendue comme un cri lancé à la face de la start-up nation : la vie est ailleurs que dans le PIB. La décroissance commence par notre désaliénation.
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[1] Toutes ces citations sont extraites du livre d’autosatisfaction d’Olivier Veran, ancien ministre de la Santé reconverti dans le lobbying, Par-delà les vagues. Journal de crises au cœur du pouvoir, Robert Laffont, 2022.
[2] Haut-commissariat au Plan, la prise en charge des troubles psychiques et psychologiques : un enjeu majeur pour notre société, juin 2024.
[3] Jean Sol et Victoire Jasmin, Après le chocde la crise sanitaire, réinvestir la santé mentale, Sénat, 15 décembre 2021.
[4] Des Paradis pleins la tête, Odile Jacob, 1994.
Résister à la propagande de guerre !retour au sommaire
La guerre commence souvent par des mensonges qui veulent nous persuader de son bien-fondé. Résister à la propagande de guerre ! est une exposition itinérante réalisée par le Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches de l’ULB, le War Heritage Institute, le GRIP (Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité) et Agir pour la Paix, sur une idée du Dr J.– L. Seillier. Elle rend visibles les arguments de propagande qui se répètent lors des conflits armés depuis un siècle. Elle s’articule autour de 10 principes, décrits par Anne Morelli dans son livre « Principes élémentaires de propagande de guerre » et aborde également la question de ceux qui se sont dressés contre elle. Cette exposition met en relief ceux qui, concrètement, ont refusé de faire la guerre, notamment en 14-18 : les pacifistes, les déserteurs, les automutilés, les suicidés, les fraternisateurs. Si le poids que l’individu possède face aux décideurs est assez modeste, nous avons néanmoins tous autant que nous sommes une possibilité de résister à la propagande de guerre. Une telle réflexion apparaît d’autant plus indispensable aujourd’hui, en raison de la multiplication des conflits armés dans le monde, et du constat de la difficulté de développer des contre-arguments pour s’opposer à la propagande.
Anne Morelli est historienne et professeure honoraire de l’ULB.
L’exposition a lieu au 4e étage du cinéma Sauvenière du 15 mars au 30 mars 2025. Vernissage le samedi 15 mars à 16 h en la présence d’Anne Morelli.
- La propagande travaille à nous faire croire que nous sommes en guerre contre le mal : écouter Anne Morelli à propos de la guerre en Ukraine dans l’émission Par Ouï-dire du 27 juillet 2023.
- Il n’y a pas de place pour des avis divergents. Une interview d’Anne Morelli en février 2022.
- Principes élémentaires de propagande de guerre (utilisables en cas de guerre froide, chaude ou tiède…). Anne Morelli. Aden, 222 pages, 2023.
- Le dossier pédagogique de l’exposition.
Les Verts, moteur du militarisme allemandretour au sommaire
Des pacifistes devenus néoconservateurs
Récession économique, montée de l’extrême droite, politique étrangère erratique : l’Allemagne aborde les élections législatives anticipées du 23 février en situation de crise. Donnés favoris, les conservateurs devront composer avec les sociaux-démocrates, et peut-être aussi avec les Verts. Ce parti, naguère pacifiste, apparaît désormais comme le fer de lance du nouveau bellicisme allemand.
Fabian Scheidler*
Le Monde diplomatique, février 2025
* [Note de LD] Fabian Scheidler est journaliste et l’auteur de La Fin de la mégamachine (Seuil, Paris, 2020) ainsi que d’autres essais non traduits en français (voir son site web – page en français).
Extraits (l’article complet sur le site du Monde diplomatique est réservé aux abonnés) :
La stabilité, vertu cardinale outre-Rhin, n’est plus ce qu’elle était. Une crise politique précipite la tenue d’élections anticipées, qui se dérouleront le 23 février ; la récession ébranle depuis deux ans la première économie du continent européen. Frappé de plein fouet par l’envolée des prix de l’énergie consécutive aux sanctions européennes contre la Russie, le cœur industriel allemand syncope : de grands groupes comme Volkswagen annoncent des suppressions de dizaines de milliers d’emplois, le nombre de faillites atteint son plus haut niveau depuis la crise financière de 2008, la désindustrialisation menace. En novembre dernier, la coalition des sociaux-démocrates (SPD), des Verts (Die Grünen) et des libéraux (FDP) a éclaté sur l’élaboration du budget 2025. La question du financement des livraisons d’armes à l’Ukraine a joué un rôle important. Le réarmement massif pèse en effet sur les finances. Après l’allocation de 100 milliards d’euros sur cinq ans pour l’armée décidée en 2022 par le chancelier Olaf Scholz, les Verts, le SPD et l’Union chrétienne-démocrate (CDU) évoquent un montant de 100 à 300 milliards d’euros supplémentaires – en plus du budget régulier de la défense (Der Spiegel, 16 février 2024). À l’exception de Die Linke et de l’Alliance Sahra Wagenknecht (BSW), tous les partis s’accordent sur la nécessité d’un réarmement sans précédent dans l’histoire de la République fédérale. Mais ils divergent sur le mode de financement […]
Impensable il y a encore quelques années, le nouveau militarisme allemand s’accompagne d’un profond changement de culture politique. Sur les affiches électorales sociales-démocrates, le ministre de la défense Boris Pistorius (SPD), qui a exigé une armée « apte à faire la guerre avant 2029 », pose en tenue de combat, arme à la main – un retournement d’image spectaculaire pour l’ex-parti de la « détente », une politique de rapprochement avec l’Union soviétique qui avait valu le prix Nobel de la paix au chancelier Willy Brandt. Le virage le plus radical a été sans conteste pris par les Verts. Fondés en 1980 comme parti antiguerre, les Grünen se distinguent depuis quelques années en militants du réarmement. M. Anton Hofreiter, par exemple, qui a longtemps coprésidé le groupe parlementaire des Verts au Bundestag, réclame inlassablement « des armes, des armes et encore des armes ! » et reproche au SPD son refus de livrer des missiles à longue portée Taurus à l’Ukraine. Lors de la campagne de 2021, les Verts avaient au contraire insisté sur la nécessité de ne pas livrer d’armes aux régions en guerre ; à peine un an plus tard, la ministre Verte des affaires étrangères Annalena Baerbock déclarait : « les livraisons d’armes aident à sauver des vies humaines » (Süddeutsche Zeitung, 14 septembre 2022). Son prédécesseur de 1998 à 2005, M. Joschka Fischer, également dirigeant Vert, réclame même une bombe atomique européenne (Die Zeit, 3 décembre 2023), avec le soutien de journalistes réputés progressistes comme Ulrike Herrmann du quotidien Taz […]
L’art de renier son histoire
Avec leurs partenaires de coalition, les Verts et les principaux partis d’opposition, la CDU et l’AfD, soutiennent également les guerres d’Israël au Proche-Orient. Deuxième fournisseur d’armes à Tel-Aviv après Washington, Berlin protège Israël financièrement et diplomatiquement. Alors que, dans le cas de l’Ukraine, le gouvernement fédéral se met en scène comme le défenseur intraitable du droit international, il le bafoue en aidant les Israéliens à commettre des crimes de guerre qu’Amnesty International et Human Rights Watch qualifient désormais de génocide (3). Ni Mme Baerbock ni le ministre de l’Économie et vice-chancelier Robert Habeck, également candidat des Verts à la chancellerie, n’ont remis en question ces livraisons d’armes ou ne les ont conditionnées à l’arrêt des exactions à Gaza.
Du vert chlorophylle au vert kaki, la transformation du parti écologique frappe de stupeur les rares militants qui gardent en mémoire le programme fondateur (« Das Bundesprogramm ») de 1980 : « La politique étrangère écologique est une politique non violente. (…) La non-violence ne signifie pas la capitulation, mais la garantie de la paix et de la vie par des moyens politiques plutôt que par des moyens militaires. (…) Le développement d’un pouvoir civil axé sur la valeur directrice de la paix doit aller de pair avec le début immédiat de la dissolution des blocs militaires, en particulier de l’OTAN [Organisation du traité de l’Atlantique Nord] et du pacte de Varsovie. » En pleine guerre froide, le texte exigeait le « démantèlement de l’industrie allemande de l’armement et sa reconversion vers une production pacifique ».
[…] les Grünen ont pratiquement divisé leur score par deux lors des élections européennes de 2024 (11,9 %, contre 20,5 % en 2019). L’hémorragie se révèle particulièrement importante chez les jeunes. En septembre dernier, les trois scrutins régionaux à l’Est ont sonné comme trois gifles : le mouvement ne participe plus aux gouvernements ni en Thuringe, ni au Brandebourg, ni en Saxe. Dans les deux premiers cas, il ne franchit pas la barre des 5 %, qui permet d’accéder aux parlements régionaux. En réaction, la direction des Grünen a démissionné. Avant cela, le comité directeur de l’organisation de jeunesse avait quitté le parti en bloc au motif que le cours pris par ce dernier devenait incompatible avec ses idéaux. Toutefois, l’équipe dirigeante n’envisage aucun changement de cap. Le chef de file des Verts, M. Robert Habeck, exige que l’Allemagne consacre à l’avenir 3,5 % du produit intérieur brut (PIB) aux dépenses militaires. Un tiers du budget national serait alors investi dans le secteur économique le plus nuisible au climat. L’option consistant à positionner l’Allemagne et l’Europe comme forces de paix entre les blocs dans la nouvelle réalité géopolitique n’est même pas évoquée.
Derrière l’humiliation de Zelensky, chacun cache quelque choseretour au sommaire
Le 28 février 2025, Donald Trump et Volodymyr Zelensky ont participé à une réunion télévisée dans le bureau ovale de la Maison-Blanche. Ce qui nous a été montré, c’est une foire d’empoigne comme jamais vue à ce niveau de pouvoir politique.
L’analyse de Michel Collon (Investig’Action) de cet « excellent moment de télévision », comme l’a conclu le président des États-Unis.
- Voir (télécharger la vidéo, 6 minutes).
- À propos de l’emploi de la force militaire par les États-Unis qui va en augmentant avec le déclin de son hégémonie, lire L’âme des USA : 392 guerres en 243 ans sur le site dedefensa.org, traduit d’un article de Nick Turse Report: post-9/11 era one of the most militarily aggressive in US history (octobre 2022) sur le site Responsible Statecraft du Quincy Institute for Responsible Statecraft (« L’échec pratique et moral des efforts déployés par les États-Unis pour façonner unilatéralement le destin d’autres nations par la force exige de repenser fondamentalement les postulats de la politique étrangère américaine. Il en va de même pour l’émergence d’un monde multipolaire au XXIe siècle, où le pouvoir économique est plus équitablement réparti entre les nations. Pourtant, l’influence du “complexe militaro-industriel” contre lequel le président Eisenhower avait mis en garde a conduit à une situation où le débat sur la politique étrangère à Washington est intentionnellement limité et ne parvient pas à intégrer la diversité des points de vue nécessaire à cette remise en question.»).
Cinq ans plus tardretour au sommaire
Cinq ans après le début de ce que certains ont appelé gentiment la « covidiotie », deux acteurs modestes à l’aune de leur présence dans les médias reviennent sur quelques-uns des avatars de cette sombre période.
Bernard Rentier, virologue, ancien recteur de l’université de Liège, nous explique que « Vaccins anti-Covid-19 : tester AVANT, c’est mieux », ce qu’en fait il ne devrait pas nous expliquer, pour le moins aux responsables politiques, Premiers ministres et ministres de la Santé en premier. En février 2025, il a été publié une étude randomisée et contrôlée sur plus de 500 000 individus dont l’âge moyen était de 70 ans. Elle montre une efficacité vaccinale de moins 3,26 %, ce qui veut bien dire qu’elle est négative et que les vaccinés courent plus de risque d’être contaminé que les non-vaccinés. Cette valeur négative serait encore bien plus forte si l’efficacité vaccinale était exposée en valeur absolue et non en valeur relative. Pour illustration, les vaccins de Pfizer avaient été annoncés avec une efficacité relative de 95 % qui ne correspond en fait qu’à une réduction de la probabilité d’être infecté de 0,7 % (encore faut-il rappeler que les données utilisées par Pfizer étaient biaisées). Plus d’infos et d’explications sur le blog de Bernard Rentier :
- Vaccins anti-Covid-19 : tester AVANT, c’est mieux (5 mars 2025).
- Efficacité vaccinale : relative ou absolue ? (28 février 2025).
Bernard Crutzen est un réalisateur connu pour ses nombreux documentaires produits depuis 35 ans. En janvier 2021, il réalise Ceci n’est pas un complot, qui est toujours présenté comme un « documentaire et reportage complotiste belge indépendant » sur Wikipédia. Il réagit au podcast d’Arnaud Ruyssen Les Clés diffusé le 30 janvier sur la RTBF. Extraits :
« Jeudi dernier, un ami m’informe que l’on parle de mon documentaire “Ceci n’est pas un complot” sur la Première (RTBF). J’écoute en différé le podcast de “Les Clés”, présenté par Arnaud Ruyssen et je suis surpris : je ne reconnais pas les extraits de mon propre film ! Je réalise alors que l’équipe des “Clés” a fait une erreur, que j’espère involontaire : elle a utilisé la note d’intention qui annonçait le crowdfunding, début octobre 2020, et non des extraits du documentaire, sorti en février 2021 […]
Aujourd’hui, quatre ans jour pour jour après la sortie de “Ceci n’est pas un complot”, c’est un sentiment de déception et d’impuissance qui me reste : je n’ai pas été entendu par les journalistes.
La série de podcasts “Covid, 5 ans après” donne l’impression que les autorités et la presse tentent de justifier leurs errements. “À l’époque, on ne savait pas” est la phrase qui revient comme un mantra. Mais l’emploi du “on” n’est pas correct. Certains spécialistes savaient, certains soignants alertaient, ils n’ont pas été écoutés. Ils ont au contraire été blacklistés, ridiculisés et parfois poursuivis par ceux qui pensaient être au plus près de “la vérité” […]
Notons d’emblée que la RTBF annonce la couleur dans l’article de RTBF Actu invitant à écouter le Podcast. On peut lire : pour savoir ce que l’on doit penser du documentaire “Ceci n’est pas un complot” de Bernard Crutzen, écoutez la suite du podcast… La RTBF est‑elle habilitée à nous dire ce que l’on DOIT penser ? Par l’utilisation de ce verbe, elle semble avouer que le libre arbitre est réservé à ses journalistes, en majorité issus de l’Université Libre de Bruxelles, temple autoproclamé du libre arbitre […]
[Dans le podcast, Xavier Counasse, journaliste de la RTBF à propos du documentaire de Bernard Crutzen] :
Ca, ça n’a rien d’informatif. Ce ne sont pas des médias. Il y a… J’ai voulu commencer un fact-checking de ce documentaire. J’avais tellement de points, je me suis dit : ça va prendre 25 jours ! J’ai sans doute mieux à faire pour informer nos lecteurs. Pardon pour cette petite parenthèse, mais je pense qu’il y a un moment, nous on nous attend sur de la plus‑value, sur de l’enquête…
Xavier Counasse a-t-il enquêté sur ses propres sources ? Durant la crise Covid, de nombreux communiqués émanaient de l’agence Reuters, la plus grande agence de presse occidentale, forte de 2500 journalistes et de 200 bureaux régionaux.
Sur le site officiel du laboratoire Pfizer, on trouve les membres du conseil d’administration, dont un certain James C. Smith. Dans sa biographie, on découvre que Mr Smith était PDG de la Thompson‑Reuters Corporation jusqu’en 2020. Thompson‑Reuters est notamment propriétaire de l’agence de presse Reuters. On peut aisément imaginer que monsieur Smith préférerait que des informations peu flatteuses pour Pfizer soient diffusées par Reuter avec moins d’empressement que les bons résultats du labo. Même si évidemment, la rédaction de l’agence de presse clamera son indépendance.
Fin 2021, l’agence Reuters nous a inondés d’informations sur le variant sud-africain en insistant sur sa très forte contagiosité, beaucoup moins sur sa faible morbidité. Du pain béni pour Pfizer !
Chez nous, le microbiologiste Emmanuel André, très présent au JT de la RTBF, relayait fréquemment sur son compte Twitter les communiqués de l’agence Reuters. Le microbiologiste se distinguait par des tweets particulièrement agressifs contre les dissidents et m’avait accusé à plusieurs reprises d’être un menteur patenté […] »
- Lire l’article de Bernard Crutzen en entier.
- Le documentaire de Bernard Crutzen, à télécharger sur le site de Liège-Décroissance ou à voir sur YouTube (pour rappel, ce documentaire avait été censuré par Vimeo après plus de 600 000 vues).
- Le podcast et l’article de la RTBF « 5 ans de Covid-19 : les médias ont-ils été suffisamment critiques durant la crise sanitaire ? ».
Bien cordialement,
Pour Liège-Décroissance,
Francis Leboutte
Site : liege.decroissance.be
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